RESTER FIDELES A LA VOCATION

Récemment, alors que la distanciation sociale était en vigueur, j’ai pu passer un peu de temps dans les montagnes du Colorado. Conduire sur des routes sinueuses, souvent sans signal GPS, ou manquer une direction, m’a apparu si dérisoire.

Pourtant, au moment où j’écris ces mots, je réalise que c’est exactement ce que vit le monde d’aujourd’hui. Nous avançons de quelques pas pour se faire dire de faire demi-tour ou de changer de direction. La pandémie mondiale affecte nos systèmes de navigation, mais si nous restons fidèles à notre vocation – notre mission – l’Etoile polaire restera toujours en vue pour nous guider.

Pour ceux d’entre nous qui prônent le changement et s’attellent aux enjeux de la santé visuelle dans le monde, l’Etoile polaire peut sembler enveloppée par quelque chose de plus brillant et de plus pressant. Pourtant, si la pandémie mondiale a sans aucun doute affecté les priorités d’aujourd’hui, elle n’a pas réduit le besoin de soins de la vue pour les 7,7 milliards de personnes dans le monde.

Dans un article récent de Devex, Michael Jarvis, directeur exécutif de la Transparency and Accountability Initiative, une collaboration de bailleurs de fonds de premier plan axée sur l’autonomisation des citoyens et l’engagement des pouvoirs publics à rendre des comptes, a déclaré: « Nous devons tous nous adapter, mais nous ne devons pas tout focaliser sur la pandémie. » En tant que défenseurs de la bonne vision, nous avons la responsabilité de poursuivre notre mandat de veiller à ce que les gens puissent bien voir, tout en étant conscients du contexte actuel.

MAIS COMMENT NAVIGUER DANS LE TERRITOIRE INCONNU ?

Premièrement, nous devons être prêts à nous adapter. Nos méthodes éprouvées de soins de la vue n’ont pas changé, mais d’autres approches complémentaires pourraient inévitablement les rendre meilleures, plus efficaces ou même plus durables à l’avenir. À titre d’exemple, la télé-optométrie s’est montrée d’être un moyen pertinent et plein de d’espoir pour la santé visuelle.

Un article récent suggère: « Au cours des deux derniers mois, tout d’un coup, tout le monde a été forcé de passer aux visites virtuelles pour assurer les services de santé. Et je pense qu’il va y avoir un changement de paradigme dans le niveau de confort des patients avec cela », a déclaré Dan Neely, conseiller médical principal à l’organisation humanitaire Orbis International. « A l’avenir, cela va changer les pratiques de chacun. »

Les patients ont été vus et entendus différemment. Neely a également déclaré: « Au début, nous étions tous inquiets d’essayer de reproduire ce que nous pratiquons pendant un examen. Et je pense que nous avons appris que ce n’est pas la même chose. L’examen devient secondaire. La conversation représente 90% des informations que l’on obtient et nous pouvons prendre de nombreuses décisions en nous basant uniquement sur cette conversation. »

Bien qu’à l’échelle mondiale, la télémédecine soit un défi à cause de l’accès à l’Internet ou du caractère oral de la consultation, de nombreuses organisations recherchent déjà des solutions qui permettront une transition et une adoption plus faciles de cette pratique. Selon la devise: “La nécessité conduit à l’invention.”

Deuxièmement, nous ne devons jamais cesser d’apprendre. Alors que nous naviguons toujours vers de nouveaux enseignements, nous en savons plus que lorsque cette pandémie a commencé. Les écoles à tous les niveaux ont troqué des salles de classe pour l’apprentissage en ligne. Partout dans le monde, les universités qui forment nos futurs ophtalmologistes et dispensent une formation continue aux professionnels de la vue modifient leurs modes d’enseignement et d’apprentissage.

Les gens ont besoin d’être connectés et informés, et des organisations comme CyberSight indiquent que l’engagement mondial avec les plates-formes de formation en ligne a explosé au cours des trois derniers mois.

Troisièmement, nous devons collaborer les uns avec les autres. Si nous avons appris quelque chose pendant cette période, c’est que nos partenariats sont inestimables – des secteurs public et privé aux ONG et aux donateurs. Pour la santé visuelle, il pourrait s’agir de coalitions entre les acteurs clés de notre industrie ayant des objectifs similaires. Mais nous ne pouvons ignorer ceux qui ont réussi à naviguer dans des scénarios comparables en dehors de notre « cercle d’amis ».

Dans un article intitulé The End of Global Health Advocacy As We Know It, j’ai été frappée par cette déclaration: « Il est également temps d’aller au-delà de l’impératif moral ou de la valeur socio-économique des investissements mondiaux dans la santé vers un nouveau cadre et un nouveau discours tout en mettant l’accent sur le leadership partagé, la collaboration et l’appropriation locale. »

Alors que nous continuons à plaider pour une priorisation accrue de la santé visuelle, nous devons être disposés à partager nos données et nos idées clés les uns avec les autres pour non seulement construire un programme mondial, mais aussi être prêts à faire face à des situations spécifiques au niveau local. Grâce à des partenariats et des collaborations, nous pourrons atteindre des personnes dans le besoin dans tous les coins du monde.

Pour relever les défis d’aujourd’hui, nous devons rester attachés à notre mandat et à notre mission. Plus de 2,5 milliards de personnes ont encore besoin d’avoir une bonne vision et attendent de nous que nous des solutions.

Continuons à donner une voix à la Vision!

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