Pourquoi la recherche sur la vision doit inclure des revues systématiques

L’importance d’une recherche de qualité est devenue un sujet de plus en plus important ces derniers temps. Alors que le monde continue denaviguer dans une pandémie mondiale, évaluant les preuves sur sa propagation, ses symptômes, ainsi que les voies menant à un vaccin, nous aspirons à des données probantes grâce auxquelles nous trouverons des solutions efficaces.

Pendant que les recherches sur le nouveau coronavirus continuent toujours, les études sur la mauvaise vision et ses conséquences déjà existantes semblent presque infinies. Cependant, la grande disparité entre toutes ces études, les questions posées et leurs résultats, nous amène à effectuer un autre type d’évaluation critique – une revue systématique.

Afin de sensibiliser davantage à l’impact de la mauvaise vision et de mieux comprendre les connaissances existantes, le Vision Impact Institute (VII) a récemment commandé un certain nombre de revues systématiques sur plusieurs sujets clés. En collaboration avec des chercheurs et des auteurs d’études de l’African Vision Research Institute (AVRI) et de la London School of Hygiene and Tropical Medicine, nous avons ajouté ce mois-ci 5  nouvelles revues systématiques et plus de 100 études référencées dans notre base de données de VII.

Nous avons demandé à Dr Clare Gilbert, membre du conseil consultatif VII et co-auteure de la Revue systématique sur l’impact des défauts réfractifs non corrigés chez les enfants, de définir ce que c’est une revue systématique, de décrire son processus et de souligner son importance dans le paysage global de la recherche.

Selon le Dr Gilbert, les revues systématiques d’études précédemment publiées qui évaluent toutes les preuves disponibles sur un sujet particulier sont très importantes pour deux raisons clés. Premièrement, elles résument les connaissances existantes sur un sujet; deuxièmement, elles identifient les questions de recherche dont les preuves sont encore insuffisantes ou inexistantes.

Le premier point concerne l’éthique – il est contraire à l’éthique d’inclure des personnes dans des études de recherche sur des sujets alors qu’il existe déjà de très bonnes preuves. Le deuxième point est tout aussi important car il met en évidence des sujets pour lesquels des recherches supplémentaires sont nécessaires. Bien que les deux soient importants pour les chercheurs, ce dernier mène à des études qui comblent un manque de preuves identifié par la revue systématique.

Premièrement, la question de recherche à traiter doit être soigneusement formulée. Cette question doit inclure les quatre éléments suivants:

  1. Groupe de population d’intérêt
  2. Intervention d’intérêt et tout préjudice anticipé
  3. Interventions à comparer
  4. Résultats d’intérêt

Deuxièmement, il faut identifier des termes spécifiques ou des mots clés à appliquer lors des recherches dans des bases de données d’études publiées. Avec plusieurs bases de données uniques, chacune contenant plusieurs millions d’études publiées, il est recommandé de travailler avec un expert en mégadonnées pour compiler les termes de recherche afin de réduire au minimum le nombre d’études à examiner. Une fois les études identifiées, au moins deux chercheurs très familiers avec le sujet doivent identifier les études finales à inclure dans la revue en utilisant des critères d’inclusion et d’exclusion clairs.

Ensuite, les données pertinentes des études doivent être extraites afin qu’une analyse statistique plus approfondie puisse être effectuée. La dernière étape consiste à examiner la fiabilité des données, qui est influencée par la méthodologie de l’étude (par exemple, les essais cliniques randomisés ont plus de poids que les comparaisons non randomisées) et par la qualité de leur conception et de leur réalisation (pour évaluer le risque de biais).

À la fin de ce processus, selon Dr Gilbert, il est possible d’arriver à une conclusion très précise basée sur les preuves. Cependant, il est tout aussi plausible dans une revue systématique de conclure que les preuves sont insuffisantes ou inexistantes pour étayer la question initiale présentée. Dans le second scénario, cela pourrait indiquer un besoin d’études supplémentaires sur un sujet pour répondre à la question formulée.

Comme pour toute recherche, les revues systématiques peuvent être bien ou mal réalisées. Idéalement, les méthodes pour une revue systématique devraient être publiées (il existe des registres en ligne à cet effet) et les résultats rédigés selon des formats prédéfinis. La publication de revues systématiques dans la presse scientifique nécessite également un processus d’approbation et d’évaluation approfondie avant d’être achevée.

Bien que toutes les recherches ne suivent pas l’ensemble du processus décrit ci-dessus, la réalisation de revues systématiques est une activité longue et chronophage qui en fait un élément précieux d’une bonne base de données des études. Les décideurs, les chercheurs ou d’autres acteurs s’appuient de plus en plus sur les résultats des revues systématiques pour la prise de décision.


A l’institut Vision Impact Institute, alors que nous continuons à plaider pour élever la priorité d’une bonne vision à l’échelle mondiale, la recherche organisée ne pourra que renforcer nos messages. Des revues systématiques nous aident tous à mieux comprendre l’impact global d’une mauvaise vision et à identifier les lacunes de la recherche qui doivent être comblées afin d’apporter des changements positifs au niveau politique et individuel.

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