17 % des déficients visuels ne portent pas leurs lunettes ou lentilles au volant
J’ai le plaisir de vous faire part des conclusions d’une étude récente sur l’utilisation des dispositifs de correction de la vue (telles que les lunettes) par la population française. Au Vision Impact Institute, nous sommes déjà conscients du fait que la déficience visuelle est liée à de nombreux accidents de voiture et de travail, et qu’il s’agit d’un facteur de déclenchement de dépression, d’accidents domestiques et de chutes. Nous savons également que 80 % des déficiences visuelles peuvent être évitées ou traitées à l’aide de solutions peu coûteuses. L’objectif de notre étude était de déterminer la part de la population française qui a besoin de porter des lunettes ou des lentilles et dans quelles situations et circonstances ces personnes portent de tels dispositifs de correction.
Nous avons observé que parmi les Français souffrant d’une déficience visuelle, près de 75 % possèdent un dispositif de correction. Toutefois, fait surprenant, parmi les personnes qui portent des lunettes, des lentilles ou d’autres dispositifs de correction optique, seulement 69 % ont indiqué les porter chaque fois qu’elles conduisent un véhicule. De fait, 17 % ont indiqué ne jamais porter de correction optique lorsqu’elles conduisent, malgré leur vue déficiente.
J’ai également été inquiété par le nombre de personnes qui ne voient pas l’intérêt de porter des lunettes lorsqu’elles pratiquent des activités de loisir (pratiquer un sport, regarder la télévision, naviguer sur Internet ou bricoler, ce qui, soit dit en passant, peut être extrêmement dangereux !). Seulement 59 % des déficients visuels portent leurs corrections optiques en permanence et 41 % d’entre eux ne les portent que « de temps en temps ». L’âge apparait également comme un facteur influant le choix des personnes de porter ou non leurs corrections. Plus une personne est âgée, plus elle est susceptible de porter ses lunettes. Les plus récalcitrantes sont les personnes âgées entre 35 et 44 ans.
Je voudrais souligner que ce comportement risqué a un énorme impact sur l’économie, en France et dans le monde. La perte de productivité économique qui résulte de la non correction des problèmes de vue est estimée à 269 milliards de dollars par an, ce qui ne comprend pas les frais de remboursement des soins liés aux accidents domestiques et aux accidents de la route. Pourtant, tous les espoirs restent permis ! Il existe des mesures très simples qui permettraient d’effectuer des progrès considérables. Selon le type d’activité pratiquée, 25 à 40 % de la population concernée aurait intérêt à porter ses corrections optiques plus fréquemment. Cela est tout particulièrement vrai pour les activités de loisir. Vous le constatez, de nombreuses personnes doivent changer d’attitude. Bien entendu, certaines d’entre elles affirment qu’elles ne portent pas leurs lunettes ou lentilles parce que le degré de correction est faible. Mais est-ce la vérité ?
Encore une fois, tandis que les responsables politiques se concentrent principalement sur les enjeux de santé publique, tels que la vaccination, la lutte contre les maladies transmissibles, l’obésité, la dépendance au tabac et à l’alcool, ils ne s’intéressent souvent pas à la question de la déficience visuelle. Cette situation ne s’améliorera pas tant que toutes les parties prenantes dans le domaine de la déficience visuelle n’auront pas été mobilisées. Vous en faites partie.
Je vous incite donc fortement à faire circuler ces informations au sein de votre réseau. L’objectif du Vision Impact Institute est de susciter une prise de conscience concernant les effets négatifs de la déficience visuelle sur l’économie mondiale en mettant à disposition une base de données unique de rapports et d’études révisés par comité de lecture venant des quatre coins du monde, et assortis d’une analyse qui nous est propre. Restez en contact avec nous ! Abonnez-vous sur visionimpactinstitute.org pour être tenu(e) au courant des nouvelles études publiées sur notre site. N’hésitez pas à nous contacter pour tout renseignement sur la façon dont vous pouvez nous soutenir ou si vous avez besoin d’aide pour préparer un discours sur le coût de la déficience visuelle et la lutte contre ce phénomène.
Dans l’attente de vos messages,
Jean-Félix Biosse Duplan
Président du Vision Impact Institute
(1) Entre le 28 février et le 4 mars 2014, un échantillon représentatif de 1006 Français âgés entre 16 et 75 ans ont été interrogés par l’institut de sondage IPSOS.
