Pourquoi le système de santé doit tenir compte des besoins en termes de santé oculaire

Plus tôt dans l’année, le Vision Impact Institute a choisi de soutenir et de se joindre aux efforts de la Coalition européenne pour la vision (ECV), qui fait un excellent travail pour attirer l’attention sur la question de la santé des yeux et de la santé visuelle et assurer un suivi des nouvelles études sur la déficience visuelle en Europe. Cette coalition est une bonne pratique que d’autres pays et régions du monde pourraient adopter. Nous avons besoin de davantage de données pour mieux comprendre le problème du manque de correction de la vue.

Zoe Gray, responsable de la promotion de la cause, explique les objectifs de l’ECV et les difficultés que rencontre cette coalition européenne.

« En Europe, nous observons des taux inutilement élevés de déficience visuelle et de cécité évitable, ce qui a un impact grave sur la vie de millions d’Européens. Alors que le Parlement européen s’apprête à se renouveler début juillet, je travaille avec la Coalition européenne pour la vision (ECV) pour le compte de l’un de ses membres fondateurs (l’agence internationale pour la prévention de la cécité) afin d’interpeler les députés européens et d’autres personnes qui nous soutiennent pour que la santé oculaire ne soit plus négligée.

D’après les données du rapport sur la charge mondiale de la perte de vue due à la maladie (Global Burden of Disease Vision Loss Data), en Europe, on recense environ 20,4 millions de personnes souffrant de déficience visuelle sévère, dont 2,3 millions de non-voyants. Si aucune mesure adaptée n’est prise, le nombre de personnes touchées va augmenter en raison de facteurs de risque en augmentation, tels que le diabète (qui peut entraîner une baisse de la vue), ainsi que le vieillissement de la population, les personnes âgées étant davantage sujettes aux erreurs de réfractions et autres maladies de l’œil.

Il est surprenant de constater à quel point ces cas de déficience visuelle pourraient être évités ou corrigés grâce à des solutions faciles d’accès et économiques, telles que l’extraction de cataracte ou la fourniture de lunettes de vue. Pourtant, de nombreuses personnes ne bénéficient toujours pas des soins dont elles auraient besoin, et ce, pour différentes raisons.

Du point de vue du patient, cela est en partie dû aux frais médicaux et au fait que l’on ignore souvent combien il est important de prendre des précautions pour la santé de ses yeux. Les populations marginalisées et vulnérables, telles que les personnes handicapées, ont parfois du mal à accéder aux soins, y compris aux services de soins ophtalmologiques.

Depuis toujours, le système de santé a tendance à séparer la santé des yeux et la santé visuelle du reste des services de soins. Cela va pourtant à l’encontre de toute logique. Par exemple, la tabagie et l’obésité font partie des facteurs de risque dans les cas de déficience visuelle pouvant être évités. En outre, la cécité et la déficience visuelle sont parfois associées à certaines maladies. Par exemple, nombreux sont les diabétiques exposés à un risque de rétinopathie diabétique (jusqu’à 1 diabétique sur 3). Un modèle de soins de santé intégré doté d’un meilleur système d’orientation des patients est indispensable pour permettre un dépistage précoce.

L’un des principaux problèmes est le manque de données détaillées sur la santé oculaire et le recours, ainsi que l’accès aux services tout au long du parcours de soin, notamment la réhabilitation.

Actuellement, la liste des 88 indicateurs sanitaires européens de base ne répertorie aucun indicateur lié à la santé des yeux ou à la santé visuelle. La collecte systématique de données harmonisées sur la santé oculaire serait très précieuse pour améliorer la conception et la prestation de services de soins adaptés.

Outre que de meilleures données sont nécessaires, la Coalition européenne pour la vision appelle à l’intégration de la question de la santé visuelle et des yeux aux stratégies sanitaires d’ensemble, de sorte que les soins ophtalmologiques et des yeux soient accessibles et gratuits pour les plus pauvres. Une nouvelle législation permettrait d’améliorer la santé oculaire pour tous. L’Europe peut, et doit, prendre l’initiative de réduire les taux de cécité évitable, améliorant ainsi la vie des personnes concernées.

Zoe Gray est responsable de la promotion de la cause au sein de l’agence internationale pour la prévention de la cécité (IAPB), l’un des partenaires du programme « Vision 2020 » de l’OMS.

Pour plus d’informations sur l’ECV, consultez le communiqué de presse (cliquez ici) ou consultez le site internet : www.ecvision.eu

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