Amorcer le changement en matière de soins pour la santé visuelle

La semaine dernière, lors de la troisième réunion de haut niveau des Nations Unies sur les maladies non transmissibles, Michael Bloomberg a déclaré : « Les villes peuvent alimenter le changement bien au-delà de leur périmètre d’action. Lorsqu’une politique fonctionne à l’échelle locale, les gouvernements nationaux sont plus enclins à l’adopter. » Même si le contexte de ces propos diffère sensiblement du mien, je suis frappée par le parallèle avec la façon dont le Vision Impact Institute et de nombreuses autres organisations font évoluer la situation dans le monde. En faisant les premiers pas, même très modestes, vers une amélioration des soins ophtalmologiques à un niveau local, nous nous donnons ensuite la possibilité de participer à de véritables marathons pour l’amélioration de la santé visuelle dans le monde.

Ce mois-ci, lors de la Journée mondiale de la vue, de nombreuses organisations mettront en avant la nécessité de <em>prendre soin de nos yeux partout où nous sommes</em>. Je me suis interrogée sur le sens de l’expression « partout où nous sommes » dans le contexte de la santé visuelle et je me suis souvenue qu’il ne s’agit pas uniquement de notre situation géographique, mais plutôt de penser à prendre soin de nos yeux dans les tâches du quotidien. Partout, cela veut dire à l’école, au travail ou à la maison. Partout veut aussi dire en ville, à la campagne ou sur la route qui relie ces deux espaces.

Il se trouve qu’au cours de ces deux dernières années, le Vision Impact Institute s’est beaucoup intéressé à notre présence sur les routes, que ce soit en tant que conducteurs ou passagers d’un véhicule, cyclistes ou piétons. La bonne santé visuelle des usagers de la route est capitale pour la sécurité routière. Nous devons faire de l’instauration de normes visuelles minimales pour les conducteurs une priorité dans le monde entier, afin de rendre les routes plus sûres pour tous leurs usagers.

Il y a deux ans, lorsque j’ai commencé à me documenter sur la santé visuelle en lien avec la sécurité routière, j’ai été choquée de constater que l’amélioration de la vue ne figurait pas parmi les moyens cités pour atteindre l’objectif de développement durable (ODD) n° 3 des Nations Unies, visant à réduire de moitié le nombre de décès et de blessures dus à des accidents de la route dans le monde d’ici 2020. De nombreux rapports de l’ONU et de l’OMS des années précédentes avaient pourtant noté que « la mauvaise vue des usagers de la route est un facteur de risque majeur d’implication dans un accident de la route et un facteur de risque majeur dans les blessures dues aux accidents de la route dans le monde ». Aujourd’hui, la bonne santé visuelle ne figure même pas dans les priorités pour l’amélioration de la sécurité routière.

C’est là que nous intervenons.

À l’occasion de la Journée mondiale de la vue, je constate avec espoir qu’il existe de nombreuses initiatives locales pour améliorer la vue et la sécurité routière, notamment en Inde, dont les routes sont parmi les plus meurtrières au monde. Qu’il s’agisse de nouvelles études ou de tentatives pour faire évoluer les politiques, ces initiatives locales visant à faire des soins ophtalmologiques une priorité pourraient avoir un impact mondial partout où nous sommes.

Si nous voulons prendre soin de nos yeux partout où nous sommes, il faut bien commencer quelque part. L’action concertée de nos organisations pour promouvoir la santé visuelle en tant que priorité permet d’alimenter les volontés de changement et je suis convaincue que chaque action à un niveau local a des répercussions qui seront perçues à l’échelle mondiale.

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